Emile Kagramanov est consultant en intelligence d'affaires et UX/UI chez SBI à Montréal. Il accompagne les organisations dans la conception de tableaux de bord clairs, utilisés et influents.
Trois contextes, une même réalité sur l'UX/UI en intelligence d'affaires
Ces derniers mois, j'ai présenté l’importance de l'UX/UI en intelligence d'affaires devant des décideurs.ses, des praticien.ne.s data et des équipes métier. Voici ce que ça m'a appris.
J'ai eu la chance de présenter notre approche UX/UI en intelligence d'affaires dans plusieurs contextes différents : au Salon Connexion devant une centaine de personnes sur plusieurs démos, lors d'un meetup ''Power BI'' avec des praticiens data, et en webinaire avec des équipes techniques et métier. Trois formats, trois audiences très différentes. Et pourtant, à chaque fois, la même réaction.
Ce qui frappe, c'est le contraste. Dans un événement comme Connexion, la grande majorité des conférences portent sur l'IA : l'automatisation, les agents, les modèles de langage… Et au milieu de tout ça, on arrive avec des tableaux de bord, des rapports d'intelligence d'affaires, de la couleur, des formes, de la lisibilité.
On aurait pu passer inaperçus. Ce n'est pas ce qui s'est passé.
Au Salon Connexion avec mon collègue Directeur Data et Analytique, Marc-Philippe Roy.
Pourquoi vos tableaux de bord Power BI induisent en erreur
La première chose qu'on montre en démo, c'est un tableau de bord avec beaucoup de données. Un rapport qui affiche des données pour “afficher des données”. L'audience opine. Ça ressemble à ce qu'on voit dans les présentations de direction, dans les rapports de performance, dans les outils qu'on livre aux clients.
Puis on montre les décisions que ce rapport a générées. Et là, ça coince.
Parce que le problème n'était pas dans les données. Les chiffres étaient justes. Le problème, c'est que la façon dont l'information était présentée orientait la lecture dans la mauvaise direction. Un graphique mal choisi. Une couleur qui attire l'œil sur le mauvais indicateur. Un titre trop vague. Et au bout du compte, une décision prise sur une mauvaise lecture.
C'est ce qu'on appelle un rapport qui ment sans mentir.
Ce moment de la démo, c'est toujours le même dans la salle : un silence, puis des hochements de tête avec un sourire en coin. Des gens qui se reconnaissent. Qui ont vécu ça, sans avoir eu les mots pour le nommer.

Avant et Après d'un tableau de bord Power BI optimisé par l'UX/UI.
UX/UI en intelligence d'affaires : ce que ça change concrètement pour vos rapports
L'UX/UI appliquée à l'intelligence d'affaires, ce n'est donc pas une question d'esthétique. Ce n'est pas rendre les rapports "jolis". C'est structurer l'information pour que la bonne personne comprenne le bon message, au bon moment, sans avoir besoin d'explications.
Concrètement, ça passe par quelques principes fondamentaux que j'aborde systématiquement en démo.
La logique de lecture d'abord : comment l'œil se déplace naturellement sur un écran, et comment on peut en tirer parti pour guider l'attention vers ce qui compte. Ensuite, la hiérarchie de l'information : tout ne mérite pas la même importance visuelle. Un KPI critique ne devrait pas se fondre dans la masse. Et enfin, la cohérence : un rapport utilisé chaque semaine doit être prévisible. Si l'utilisateur doit chercher où est présent l'indicateur qu'il consulte d'habitude, la valeur du rapport s'effrite.
Ces principes ne sont pas nouveaux. Ils viennent de la psychologie cognitive et du design d'interface. Mais leur application en intelligence d'affaires reste largement sous-exploitée dans les organisations. Et c'est précisément là que réside l'opportunité.
Dès que l'utilisateur hésite, navigue sans fin, ou a besoin qu'on lui explique un tableau de bord, de la valeur est perdue. Le meilleur modèle de données du monde ne sert à rien si personne ne sait comment le lire.
Ce que les organisations ne réalisent pas sur leurs tableaux de bor

Ce qui me marque le plus dans ces présentations, c'est la réaction des gens qui ne sont pas des expert.e.s data.
Au Salon Connexion, l'audience est composée de dirigeants, de VP opérations, de directeurs marketing, de propriétaires de PME. Des gens qui consomment des rapports quotidiennement, mais qui n'en produisent pas. Et pourtant, ce sont souvent eux qui posent les questions les plus pertinentes.
"Est-ce que vous pouvez auditer nos tableaux de bord existants ?"
"On vient de refaire tous nos rapports Power BI, j'aurais aimé voir ça avant."
"C'est exactement le problème qu'on a avec notre équipe finance."
Ces questions-là ne viennent pas de nulle part. Elles viennent d'une frustration réelle, souvent silencieuse : celle d'utiliser des outils qui coûtent cher, qui sont techniquement solides, mais qui ne déclenchent pas les bonnes conversations ni les bonnes décisions.
En juin, au meetup Power BI, les praticiens data réagissaient différemment : plus de questions techniques, plus d'échanges sur les méthodes. Mais le fond restait le même. Le sujet résonne parce qu'il touche à quelque chose de concret et de quotidien.
Améliorer vos tableaux de bord Power BI : par où commencer
Si ce sujet vous parle, vous n'avez pas à attendre la prochaine conférence.
On prépare un webinaire sur l'UX/UI en intelligence d'affaires pour la rentrée, qui reprendra et approfondira tout ce qu'on a présenté cette année. Au programme : principes concrets, cas réels, démo live et exemples avant/après directement applicables à vos tableaux de bord Power BI.
En attendant, le replay de notre dernière présentation est disponible ici.
Démo complète sur un cas réel, principes UX/UI appliqués à Power BI, exemples de rapports qui induisent en erreur et comment les corriger.
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